Le site institutionnel de la Fédération Nationale de la Pêche en France

Accéder au site

generationpeche.fr – Toute l’actu de la pêche en France

Accéder au site

Trouvez les informations pêche de votre département

Accéder au site

cartedepeche.fr - Le site officiel pour obtenir la carte de pêche de votre association agréée

Accéder au site
Génération Pêche
generationpeche.fr Le site d'informations de la pêche en France
Génération Pêche
> > La pêche des salmonidés migrateurs

La pêche des salmonidés migrateurs

Le saumon atlantique et la truite de mer sont des espèces migratrices amphihalines1 emblématiques de nos cours d'eau qui témoignent d'une bonne qualité de l'eau. Ces espèces sont appréciées des pêcheurs pour leurs combativités. Cependant, elles font l'objet de mesures de protection particulières suite au déclin de leurs populations. Les pêcher demande de connaitre et de respecter certaines règles. La page suivante vous donne toutes les informations nécessaires pour vous lancer dans la pêche au saumon atlantique et à la truite de mer!

Comment reconnaître un saumon atlantique d’une truite de mer ?

Le saumon et la truite de mer présentent certaines ressemblances qui peuvent amener à les confondre, la forme de leur corps est fusiforme et ils possèdent tous les deux une nageoire adipeuse. Toutefois, plusieurs caractéristiques permettent de les différencier. L’illustration de la fédération du Pas-de-Calais (62) ci-dessous illustre très bien ces différences (Figure 1).

Voir l'image en grand Figure 1 : différence entre le SAT et la TRM

Le saumon atlantique (Salmo solar) (SAT) possède un pédoncule caudal plutôt long et étroit qui permet de le saisir par la queue. Il a une nageoire caudale profondément échancrée avec des extrémités pointues. Sa mâchoire ne dépasse pas le milieu de l’œil. Enfin, on note une absence de couleur rouge/orangé sur la marge de sa nageoire adipeuse.

La truite de mer (Salmo trutta trutta) (TRM) possède quant à elle un pédoncule caudal plutôt court et large qui permet difficilement de la saisir par la queue. Sa nageoire caudale est à fourche peu marquée, elle est pratiquement droite et à des extrémités arrondies. La mâchoire de la truite de mer atteint voire dépasse l’arrière de l’œil. Enfin, on peut généralement constater la présence d’une coloration rouge/orangé sur la nageoire adipeuse.

Où pêcher le saumon atlantique et la truite de mer ?

La pêche du saumon atlantique et de la truite de mer n’est pas possible sur tout le territoire national. Seuls quelques départements sont concernés.

Voir l'image en grand

Il est ainsi possible et autorisé de pêcher le saumon atlantique et la truite de mer ainsi que de se procurer un supplément « migrateurs » et des assortiments dans les départements suivants :

  • le Calvados (14)
  • les Côtes d’Armor (22)
  • le Finistère (29)
  • l’Ile et Vilaine (35)
  • les Landes (40)
  • la Manche (50)
  • le Morbihan (56)
  • le Pas-de-Calais (62)
  • les Pyrénées Atlantique (64)
  • la Seine Maritime (76)
  • la Somme (80)

Les devoirs et obligations des pêcheurs de saumon atlantique (Salmo salar) et de truite de mer (Salmo trutta trutta)

Pour avoir le droit de pêcher le saumon atlantique et la truite de mer, le pêcheur doit :

  • s’acquitter d’un supplément « migrateurs » en plus de sa carte de pêche et ceci aussi bien s’il souhaite conserver ses prises que les remettre à l’eau. Ce supplément « migrateurs » d’une valeur de 50 € s’acquiert chez un dépositaire agréé « migrateurs » (la liste de ces dépositaires est consultable dans la rubrique « liste des dépositaires » ci-dessous). Il se matérialise par un timbre « migrateurs » à apposer sur la carte de pêche du pêcheur.
  • prendre connaissance de la réglementation applicable. La taille minimale de capture du saumon est de 50 cm et celle de la truite de mer, de 35 cm. Chaque année un arrêté départemental signé par le préfet définit les modalités de pêche des poissons migrateurs (quotas individuel/période d’ouverture de la pêche/rivières et techniques autorisées/gestion par total autorisé de capture (TAC) ou non). Il est nécessaire de se renseigner auprès de la fédération départementale concernée sur ces modalités avant d’aller à la pêche.

Les coordonnées des différentes fédérations départementales sont disponibles sur le site de la FNPF.

  • pour la pêche du saumon atlantique, détenir et employer des marques d’identification des poissons pêchés et un carnet, ainsi que déclarer ses prises (article R436-65 du code de l’environnement).

Pour aller plus loin :

Articles R.436-62 et suivants du code de l’environnement
Arrêté du 16 octobre 1996 fixant les prescriptions particulières à la pêche du saumon

A quoi sert le supplément « migrateurs » ?

Le supplément migrateur comporte une redevance pour la protection des milieux aquatiques (RMA) spécifique aux poissons migrateurs versée aux agences de l’eau, et une cotisation associative qui permettent de financer les associations migrateurs et les actions pour la protection des espèces migratrices (ex : Suivi des populations et des captures/mesures diverses en faveurs des espèces migratrices/ programme de gestion…). Sur les 50 € du « supplément migrateurs », 20 € reviennent aux agences de l’eau et 30 € au réseau associatif de la pêche de loisir.

Le pêcheur de saumon atlantique a l’obligation réglementaire depuis 1987 de déclarer sa capture lorsqu’il ne la remet pas à l’eau au centre national d’identification des captures de salmonidés (CNICS) (Pôle ABF-INRA).

La déclaration de capture pour la truite de mer n’est pas obligatoire qu’elle soit remise à l’eau ou non. En effet, la déclaration de cette espèce repose sur le volontariat. Elle a été instaurée en 1992 principalement à titre scientifique et n’est pas imposée par la réglementation contrairement au saumon atlantique.

Pourquoi déclarer ses captures de salmonidés migrateurs ?

La déclaration de capture est un outil d’aide à la gestion et à la protection du stock de saumon atlantique. C’est également un moyen d’accroitre les connaissances sur cette espèce. L’obligation de déclaration concernant le saumon atlantique prend effet en 1987 suite au constat, d’une baisse importante des populations sur plusieurs années.

Au Moyen Age, le saumon atlantique était une espèce relativement commune, une légende raconterait même que son abondance était telle que ce poisson était qualifié de « nourriture du pauvre » (Bruslé et Quignard, 2013). Aujourd’hui, le saumon atlantique est classé comme espèce « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées de France (Liste des poissons d’eau douce de France métropolitaine élaborée par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et le MNHN, en partenariat avec la Société française d’ichtyologie et l’ONEMA (2009). En effet, le saumon atlantique est devenu rare dans de nombreux cours d’eau du territoire national où il était initialement présent. Citons par exemples les cours d’eau côtiers bretons, la Loire, la Dordogne, la Garonne, l’Adour. Ce déclin remonte à plusieurs dizaines d’années. Plusieurs causes ont pu être identifiées afin d’expliquer cette forte régression des populations (Bruslé et Quignard, 2013 ; Keith et al, 2011) :

  • la destruction des habitats d’eau douce par extraction de granulat et colmatage sédimentaire des frayères
  • la présence de barrages qui bloquent l’accès des adultes aux zones de reproduction
  • les lésions causées aux jeunes saumons (smolts) par les turbines des usines hydroélectriques lors de la dévalaison
  • la dégradation de la qualité de l’eau
  • la tendance au réchauffement des eaux
  • des introductions de souches allochtones
  • une forte mortalité durant la phase marine liée la surexploitation par la pêche professionnelle

Aujourd’hui en France de nombreuses actions sont mises en place afin de préserver cette espèce. Le suivi des captures est l’une d’entre elles. Grâce aux déclarations des pêcheurs, il est possible de gérer correctement l’espèce, en adaptant notamment les captures à l'état des stocks.

Un autre outil de gestion a ainsi été mis en place en 1996 sur les cours d’eau bretons et de Basse-Normandie en complément de l’obligation de capture : le total autorisé de capture (TAC). Il s’agit du nombre de saumons qui peuvent être pêchés sans mettre en danger la population. L’atteinte du TAC peut entraîner une fermeture anticipée de la pêche.

Plus récemment, la gestion par TAC a également été instaurée dans les départements d’Artois-Picardie et de Haute-Normandie où la pêche aux salmonidés migrateurs est autorisée (CNICS, 2014, https://www6.rennes.inra.fr/u3e/PRESENTATION/Organisation/Pole-Gest-Aqua/CNICS).

D’autres systèmes comme les stations de comptage au niveau des passes à poissons, les prélèvements d’écailles rendant possible l’analyse de l’histoire de vie des individus permettent de compléter les connaissances sur cette espèce et contribuent ainsi à améliorer la gestion des populations.

Le processus de déclaration des captures

Lorsque le pêcheur souhaite pêcher le saumon et la truite de mer et qu’il est en possession de sa carte de pêche et de son « supplément migrateur », il doit se munir d’un assortiment « migrateurs » (cf. Figure 3) disponible chez les dépositaires agréés « migrateurs ».

Ces assortiments sont constitués notamment :

  • d’un scellé ou bague d’identification à apposer sur le saumon atlantique (cf. élément n°7 Figure 3 et Figure 5) lorsqu’il n’est pas remis à l’eau,
  • d’un carnet récapitulatif des captures (cf. élément n°9 Figure 3) que le pêcheur doit mettre à jour au fil de ses prises,de fiches déclaratives de capture pour le saumon et la truite de mer (cf. éléments n°6 et 8 Figure 3).

A chacune de ses sorties, le pêcheur doit avoir sur lui ces éléments afin de ne pas risquer d’être verbalisé en cas de contrôle et pouvoir déclarer sa capture dès que possible.
Lorsque le pêcheur a capturé un saumon et n’a plus à sa disposition ni scellé ni fiche de déclaration de capture, il doit, s’il souhaite continuer à pêcher, se procurer un nouvel assortiment « réassort » chez un dépositaire agrée « migrateurs ».

Ce « réassort » se compose :

  • d’un nouveau scellé
  • d’une nouvelle fiche déclarative de capture pour le saumon atlantique (cf. Figure 5).

Figure 3 : Composition d'un 1er assortiment

Figure 4 : Pose du scellé sur le saumon capturé Figure 5 : Composition d'un "réassort"

Les étapes à retenir pour pêcher les salmonidés migrateurs :

1) s'acquitter d'une carte de pêche et d'un supplément "migrateurs"

2) se renseigner sur la réglementation locale

3) être muni de bagues neuves et de son carnet nominatif

ET EN CAS DE CAPTURE :

1) avant tout transport, fixer la bague et noter sur son carnet les dates et lieux de capture

2) déclarer les individus capturés

3) se procurer un nouvel assortiment chez un dépositaire agréé "migrateurs"

Un système de déclaration en voie de modernisation

Jusqu’à présent la déclaration des captures s’effectuaient au format papier, elle consistait à remplir la déclaration obligatoire de capture de saumon, la rapporter à un dépositaire agréé « migrateurs » qui devait ensuite la poster pour l’envoyer au CNICS. Ce système est en phase de modernisation. La déclaration des captures s’effectuera maintenant exclusivement en ligne au travers de l’application « Déclaration Pêche », outil mis en place par la FNPF en 2018. En 2019, l’application de déclaration est en phase de test dans deux départements : les Landes (40) et les Pyrénées Atlantiques (64). Pour cette année les autres départements continuent leurs déclarations papier. Le déploiement généralisé de l’application est prévu pour 2020.

Figure 6 : Nouvel outil de déclaration de capture : "Déclaration pêche"

Liste des dépositaires agréés "migrateurs" de l'année en cours

Résultats des captures de saumon atlantiques et de truites de mer

C’est ici que vous pouvez consulter les rapports bilan des captures de saumon et de truite de mer de chaque année. Ces bilans sont produits par le CNICS à la fin de saison de pêche. Ces bilans sont réalisés grâces aux déclarations de captures effectuées par les pêcheurs, à la lecture des écailles et à d’autres données analysées par la CNICS.

Pour en savoir plus...

Pour en savoir plus sur le saumon atlantique et la truite de mer mais également sur les autres espèces de poissons migrateurs présentes sur notre territoire, la FNPF vous invite à aller consulter les sites des associations migrateurs dont les missions principales sont d’œuvrer pour des actions en faveur de la protection de ces espèces emblématiques (vous trouverez les liens d’accès ici)

A VOS CARTES, A VOS TIMBRES, PÊCHEZ!

1 amphihaline : se dit d'une espèce qui migre entre le milieu marin et le milieu d'eau douce.